DEUXIEME JOURNEE SCIENTIFIQUE 16 MAI 2026

18/05/2026 | Pe. Marc Nawej | Théologie

Le samedi 16 mai, deuxième journée de ces assises, la grande salle du Theologicum était bien remplie des participations de différentes souches : religieux, religieuses, prêtres, laïcs, étudiants des différentes universités et chercheurs dans plusieurs domaines, à partir de 08h40. Six communications dans différents domaines se sont relayées, avec une pause qui sépara les trois premières de trois dernières.

Le Père Jean Marc Marie MUTANGALA a animé la quatrième communication intitulée : « Enjeux de la communication en République Démocratique du Congo selon trois modèles de communication ». Pendant une demi-heure, le Docteur en Communication Sociale a revisité la place de la presse dans l’évolution historique du pays. À chaque étape, elle souligne le statut des structures journalistiques du Congo qui reste en relation avec le parcours du journalisme en Afrique francophone. Pendant la période coloniale, il y avait deux types de journaux bien distincts avec des missions bien différentes. Les années 90 ont marqué un tournant décisif dans l’histoire de la presse et cela a été relancé de nouveau vers la fin des années 90 et c’est ce statut que les médias gardent encore jusqu’aujourd’hui. Le pays n’est pas une île perdue en plein océan, c’est pour cela que le néo-libéralisme contemporain a scelle une situation d’instabilité et de guerre qui ne finit pas. L’évolution technologique apporte des innovations qui arrivent très lentement dans le pays, malgré la vitesse avec laquelle ces avancées impactent la situation mondiale. L’Afrique subsaharienne et la RD Congo semble traîner encore la patte, sans oublier que dans une bonne partie du continent, ces avancées ont été accueillies
et commencent à porter des fruits.

La cinquième communication de la journée a été faite par l’Abbé Paul KALOLA sous l’intitulé : « La synodalité comme processus de réception du concile Vatican II sous l’impulsion du magistère pontifical ». Articulant ses propos sur quatre points, l’Abbé a fait un survol de réception de Vatican II par les papes. D’une manière succincte, il a présenté la grande orientation de chacun des Papes postconciliaires dans le souci de prouver combien un discours sur la synodalité en nos jour vaut la peine. L’Abbé KALOLA a présenté les lignes directives de la compréhension de la synodalité chez François en ce thème : « vers l’ecclésiologie synodale de la pyramide renversée ». Il a pu expliquer comme le Pape François renverse la figure de la pyramide traditionnelle.

 À 10h15, la Sœur Anastasie APENTIEN-fma, a pris la parole pour présenter la sixième communication qui a porté le titre de : « Contes Sakata, vecteurs de synodalité et de paix en RDC : une didactique de transmission des valeurs pour une Église engagée ». La Docteure en Sciences de l’Éducation  a exposé l’usage des contes Sakata comme outils didactiques pour promouvoir la paix et la synodalité en RDC. Face à la persistance des violences, elle propose la théorie ANAPAK, une approche narrativo-holistique intégrant la sagesse ancestrale aux méthodes pédagogiques modernes. À travers des récits illustrant la solidarité et l’interdépendance, l'Église est appelée à devenir une actrice de transformation sociale via le projet « Enfants conteurs ». En revalorisant ce patrimoine oral, cette démarche vise à forger une culture de la prévention et une unité nationale interculturelle durable.

Après la pause, le Père Placide MUKUNDI-sdb, a animé la septième conférence intitulée : « La promotion de la culture de la paix comme un défi théologique à relever et comme une exigence éthique essentielle pour l’avenir de l’humanité ». Le Doyen de la Faculté de Théologie de l’UDBL a exploré la pensée de René Coste, prêtre et théologien, qui définit la promotion de la paix comme un impératif à la fois théologique et éthique. S’appuyant sur les réorientations majeures de l’Église après Vatican II, René Coste plaide pour une transition d’une théologie de la guerre vers une véritable théologie de la paix active et dynamique. Il démontre que la paix ne peut exister sans la justice sociale, la sauvegarde de la création et la reconnaissance de la fraternité universelle. La réflexion souligne également l’importance des fondements bibliques, notamment le concept de Shalom, pour encourager un engagement chrétien contre la violence et la prolifération nucléaire. Enfin, Coste appelle à l’émergence d’une culture de la paix mondiale, fondée sur le dialogue, le pardon et l’éducation, afin de transformer durablement les mentalités humaines.

La huitième conférence a été présentée par le Père Lambert MALUNGU, au tour du thème : « La paix comme chemin du vivre-ensemble dans l’œuvre lucanienne ». Le Docteur en théologie biblique a déni la paix comme un don salvifique de Dieu, enraciné dans le shalom biblique. Ce thème apparait chez Luc, disait-il, non seulement comme un thème mais comme clé de l’herméneutique biblique. Dans cette première section, a affirmé le Père, la paix apparait comme éthique du royaume, don à transmettre, salut intégral. Dans la deuxième partie, le Père a développé le concept de «  paix » à la lumière de la pensée lucanienne dans les Actes des Apôtres, où la paix apparait comme un processus en construction, déployé à travers la mission et les épreuves de l’Église. Dans la synthèse théologique, le Père a prouvé que la paix telle que décrit chez Luc pourrait être en lien avec la situation concrète vécue au Congo et la nécessité de la restauration d’une paix durable.

La neuvième et dernière communication a été faite par le Père Dieudonné BESA, sous le thème « De la protection de l’environnement à la paix durable pour Tous : L’environnementalisation de la Paix dans Laudato sì ». Le Docteur en Épistémologie et Professeur Associé a, dans son allocution, proposé une « environnementalisation de la paix » inspirée par l'écologie intégrale de l'encyclique Laudato sì. Il a démontré que l'omission des enjeux écologiques dans les processus de paix en République Démocratique du Congo aggrave l'instabilité sociale et politique. La guerre à l'Est génère des dommages environnementaux profonds, affectant les écosystèmes et les populations vulnérables. S'appuyant sur le Pape François, l'analyse identifie quatre liens majeurs : la menace vitale pour les générations futures, les dommages sociaux accrus pour les pauvres, les conflits liés à l'accès aux ressources et les inégalités génératrices de violence. La paix durable exige donc une sécurité environnementale préalable.

Commencé à 08h30, la deuxième journée scientifique au Theologicum s’est clôturée à 14h15, avec le mot de remerciement tenu par le Père Placide MUKUNDI, Doyen de la Faculté de Théologie. Un moment de partage fraternel a couronné ses assises.

 P. Marc NAWEJ, Sdb